Peut-on encore parler de « races » chez les humains ?

En juillet 2018, l’Assemblée a supprimé de la Constitution le mot « race ». Si cette décision a été considérée d’un point de vue social, quid des considérations scientifiques ? Les chercheurs peuvent-ils continuer à employer le mot « race » ? Non, car le terme n’aurait aucune légitimité scientifique d’après certaines études publiées ces dernières années. En 2016, des biologistes américains ont évoqué dans la revue Science la nécessité d’abandonner l’utilisation de ce concept en tant que critère de différenciation de la diversité génétique humaine. À la différence d’autres primates, les frontières raciales ne sont pas bien définies chez l’homme du fait d’une mixité. Je propose de faire un sujet sur le débat du concept de race au sein de la communauté scientifique : La race ou l’ethnie seraient-ils des facteurs à considérer dans la recherche biomédicale ?

Ce débat, lancé il y a un siècle par le sociologue américain W.E.B. Du Bois (1868-1963), persiste étonnamment de nos jours. S’il s’avère, pour certains spécialistes, déterminant de classifier les patients selon leur race, d’autres considèrent que cela pourrait négliger leur traitement. Dans ce sens, pourquoi certains médicaments se montrent plus performants sur les patients africains ? Et pourquoi considérons-nous la fibrose kystique comme étant une maladie ne touchant que les blancs, alors qu’elle a été également diagnostiquée chez les noirs et les asiatiques ? Qui plus est, lorsqu’en 2009 on a comparé le génome du chercheur coréen Seong-Jin Kim avec celui des Américains James Watson et Craig Venter, il s’est avéré que ces deux derniers partageaient moins de variations génétiques entre eux qu’avec l’Asiatique !

« Race » s’avère un concept obsolète que l’on définit comme un mélange entre des facteurs génétiques et des considérations culturelles exprimées par la couleur de la peau. En réalité, il semblerait que les humains se divisent en sous-groupes. Populations, lignées… En parallèle, la communauté scientifique se mobilise : quel nouveau terme pourrait classifier la diversité biologique humaine ?

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