Quand la loi punit les séropositifs

En 2008, Kerry Thomas a été condamné à 30 ans de prison dans l’Idaho (USA). Son crime était celui d’avoir de rapports sexuels avec une femme alors qu’il ignorait être séropositif. Bien que cette femme n’ait pas été contaminée, elle a porté plainte contre Kerry. Pour mettre un frein à l’épidémie, les lois de 76 pays comprennent des peines de prison qui poursuivent ces personnes qui transmettent le VIH ou qui cachent être porteurs du virus.

Cette pénalisation est-elle justifiée et efficace ? Non, d’après une vingtaine de chercheurs, dont Françoise Barré-Sinoussi de l’Institut Pasteur à Paris, co-découvreuse du VIH, prix Nobel de médecine 2008 et présidente de l’association Sidaction. Soutenus par l’ONU, ils viennent de publier dans le Journal of the International AIDS Society (JIAS) une tribune contre ce type de législation puisqu’aucune preuve scientifique ne soutient cette pratique judiciaire. Tout au contraire, elle répand la peur parmi les individus séropositifs qui redoutent de rendre publique leur condition et donc de demander un traitement. Discriminatoires, ces lois ont été conçues en suivant un ensemble d’idées préconçues datant du début de la pandémie en 1981. Comme quoi, le virus ne se transmet pas par la salive et embrasser ou pratiquer sexe oral avec une personne porteuse du VIH ne constitue pas une situation à risque de contamination.

Dans le cas de Kerry Thomas, la quantité du virus dans son sang étant trop faible, il ne pouvait ni ne peut contaminer personne. Et pourtant, il doit rester en prison jusqu’en 2038. Une peine qui a fait de lui un fervent activiste, se battant depuis sa cellule pour éviter la perpétration des condamnations comme la sienne.

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