Les castor s’attaquent à la Terre de Feu

Ils n’y parviennent pas ! L’Argentine et le Chili se battent depuis longtemps contre un féroce ennemi arrivé en Patagonie: le castor. Les deux gouvernements ont adopté des stratégies communes visant à éradiquer du parc national Terre de Feu les castors du Canada. D’après la revue Nature, jamais une telle éradication n’a été entreprise sur un aussi vaste espace. Introduite en 1946 pour la production de fourrure et suite à l’absence de grands prédateurs (ours, loup…), cette espèce n’a depuis cessé de proliférer. Leur nombre avoisinerait les 150 000 individus, sur un territoire ne comprenant que 134 000 habitants. Les rongeurs détruisent à grande vitesse la biodiversité et l’écosystème de la région, en abattant les arbres et en construisant des barrages qui entraînent l’inondation de zones boisées, de pâturages et de routes. Ils ont déjà ravagé 30 000 hectares de l’archipel et commencent à gagner le continent par le détroit de Magellan.

Bien que des voix pour les droits des animaux se soient opposées à cette éradication, le Fonds pour l’environnement mondial (GEF) et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) soutiennent économiquement ce projet binational. En hélicoptère et munis d’équipements de haute technologique, les équipes s’introduisent dans la forêt pour chasser les nuisibles, principalement avec des pièges. À l’aide des moniteurs et des capteurs sonores, ils surveillent l’avance de l’espère sur le territoire. Puis, on restaure la biodiversité endommagée. Les dégâts annuels provoqués par les castors sont estimés à plus de 40 millions d’euros. Bien que l’étape initiale du projet soit financée à hauteur d’1 million d’euros, on estime que le coût complet de toute l’éradication dépassera les 25,8 millions d’euros.

En parallèle, on lutte contre d’autres espèces envahissantes (mollusques, microorganismes…) qui ravagent ces dernières années le fragile écosystème de la Terre du feu. En particulier, l’algue Didymo couvrant les cours d’eau d’une masse visqueuse jaunâtre et qui perturbe le milieu aquatique ainsi que les prises d’eau pour la consommation humaine.

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