Les derniers enfants de Russie

Au Centre espagnol de Moscou, des dizaines d’anciens mineurs exilés en Russie pendant la Guerre d’Espagne (1936-1939) luttent pour que leur tragédie ne soit pas oubliée. Leurs familles les ont envoyé en URSS avec l’idée de les faire revenir à l’issue du conflit. Mais la victoire du général Francisco Franco transforme ce séjour temporaire en exil permanent. Bien que les franquistes essayèrent de rapatrier les enfants en Espagne – probablement pour les accueillir dans des familles du régime – les soviétiques s’y opposent. Les mineurs restèrent alors coincés dans ce pays qui les accueille toutefois chaleureusement, jusqu’à l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Bien que les enfants aient pu échapper à la guerre en Espagne, les plus âgés sont forcés par les bolchéviques de prendre les armes et de lutter contre les nazis. À partir de 1945, les jeunes Espagnols perdirent leur condition de réfugiés en Russie et doivent s’employer durement dans les usines du Gouvernement communiste. Leurs conditions de vie étaient difficiles et certains y trouvèrent la mort des suites d’une maladie (tuberculeuse, typhus…) ou à cause d’un accident de travail.

Devenus adultes, une partie d’entre eux rentrèrent en Espagne dans les années 1950. Mais le séjour fut court pour certains. Malgré les mauvaises conditions de vie en Russie, ils décidèrent de retourner en URSS, où ils n’étaient pas considérés avec suspicion à la différence de leur pays d’origine. Depuis 1965, le Centre espagnol de Moscou se veut être un lieu de rencontre pour ces anciens enfants exilés. Alors que les derniers d’entre eux commencent à s’éteindre, leur mémoire persiste ici. Des 3 000 enfants qui furent envoyés, il n’en reste de nos jours que 40 à Moscou et 72 dans toute la Russie.

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