La vasectomie, un tabou français

Le 13 novembre dernier, c’était la journée mondiale de la vasectomie. Cependant, cette méthode de stérilisation masculine reste très méconnue chez nous. Seuls 0,8% des Français ont eu recours à cette technique consistant à sectionner les canaux qui conduisent les spermatozoïdes depuis les testicules à la prostate. Alors, qu’est-ce qui coince ? D’abord, la faiblesse de la contraception masculine en France, où cette charge revient encore très majoritairement aux femmes. Il y a aussi l’irréversibilité du procédé, dont arguent souvent les concernés quand on les interroge. Même si en réalité, elle est réversible dans 70 % à 90 % des cas ! C’est qui n’est pas le cas de la ligature des trompes, dont 3,8 % de femmes en ont recours. Pourtant, si la pratique est classée comme « intervention mutilante » par l’article 41 du Conseil national de l’ordre des médecins, la ligature des trompes l’est tout autant. Qui plus est, la vasectomie ne nécessite qu’une courte hospitalisation et l’opération dure une dizaine de minutes. Quant à l’autre argument, moins avoué mais facilement soupçonnable, d’une atteinte à la virilité, il ne paraît pas être une fatalité quand on regarde les chiffres Outre-Manche : au Royaume-Uni, près de 25 % d’hommes se font vasectomiser.

Cette technique est peu promue par les autorités médicales en France, où elle n’a été légalisée qu’en 2001. En revanche, il existe une véritable promotion de la vasectomie en Angleterre, en Espagne et encore en Turquie, où elle est légale depuis plus de 30 ans. De ce fait, on constante les médecins français sont moins formés que leurs confrères européens.

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