Tendance : Boire de l’alcool, de moins en moins « cool »

Un nouveau rapport de l’OMS publié fin septembre révèle que la consommation d’alcool a diminué chez les adolescents européens. Entre 2002 et 2014, la consommation est baissé de 46 % à 28 % chez les 15 ans. “La plus forte réduction globale de la consommation nocive d’alcool a été constatée dans les pays qui enregistrent habituellement une prévalence plus élevée, tels que la Grande-Bretagne et la région nordique”, explique le Dr. Jo Inchley, responsable du rapport. La consommation d’alcool à l’adolescence a des répercussions sur la santé psychologique, sociale et physique. L’alcool est un important facteur de risque de traumatismes mortels ou non, d’accidents, de tentatives de suicide et de consommation d’autres substances, et est en corrélation avec des grossesses non désirées, des maladies sexuellement transmissibles, de mauvais résultats scolaires et de la violence. Il existe également un lien entre la consommation d’alcool à l’adolescence et des modifications fonctionnelles et structurelles dans le cerveau, qui persistent à l’âge adulte.

L’OMS a répertorié une série de politiques réalisables, d’un prix abordable et d’un bon rapport coût-efficacité, qui peuvent réduire la consommation nocive d’alcool. Il s’agit notamment d’augmenter le prix de l’alcool, d’en limiter l’offre et d’interdire toute forme de publicité, de promotion ou de parrainage. Cet été, un sondage lancée par la Ligue contre le cancer révélait qu’une majorité de Français est favorable à une hausse du prix de l’alcool pour les besoins de la santé publique. En particulier, les jeune de 18 à 24 ans. Ce n’est pas seulement qu’ils boivent moins, mais les jeunes deviennent abstèmes. D’après une étude publiée en février 2018 par l’Observatoire Français de Drogues  et Toxicomanies (OFDT), le nombre d’abstèmes chez les 17 ans est passé de 60 % à 72 % entre 2014 et 2017. Cette nouvelle génération considère le fait de boire à outrance comme étant un truc de “vieux”. D’après une étude sociologique britannique, seul un individu sur 10 estime qu’être ivre est encore quelque chose de “cool”. La plupart d’entre eux trouve, au contraire, que ce comportent est “pathétique” ou “embarrassant”.

À cela s’ajoute la montée en puissance de l’injonction au bien-être, en particulier sur Instagram. “Les réseaux sociaux altèrent notre manière de nous percevoir, mais aussi de communiquer. L’alcool possède un rôle de sociabilité fort”, explique le chercheur Michael Livingston, auteur d’une enquête sur les habitudes de consommation des boissons alcoolisées en Australie. “C’est vraiment un vecteur dans la rencontre entre les gens. Il donne du courage pour entreprendre certaines choses et dans les interactions sociales.” D’après lui, la baisse de la consommation de l’alcool s’est faite en parallèle de l’apparition de Facebook. Le réseaux sociaux sont devenus de véritables lieux de sociabilisation virtuelle. Boire de l’alcool coûte de l’argent. Face à ce constat, certains préfèrent dépenser le peu d’argent qu’ils ont dans les vêtements, par exemple, chez les moins de 15 ans, au Royaume-Uni. La proportion de jeunes qui se rendent en boîte de nuit a beaucoup baissé selon une enquête réalisée par le Guardian en 2016.

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