Mémoires d’un ex-néonazi

Tandis que l’immigration est au cœur des débats en Allemagne, les néonazis profitent de ce terrain fertile pour répandre leur idéologie. Cependant, certains membres de ces organisations tentent de faire exactement le contraire. Comment parvient-on à rester en vie lorsqu’on quitte l’un de ces groupuscules ?

Falk Isernhagen fut néonazi pendant quatre ans. Âgé de 26 ans, il est dorénavant professeur et aide à faire sortir du mouvement à ceux qui y sont restés. Encore adolescent, il était entouré de jeunes issus de l’immigration dans son lycée de la banlieue berlinoise. Seul un autre camarade de sa classe était allemand comme lui. Il rencontre alors un groupe de jeunes d’ultra-droite. Petit à petit, ses goûts musicaux et littéraires changent, au même temps qu’il remet en cause les cours sur la Shoah. À 16 ans, il participait à des manifestations d’extrême droite, s’attaquait à des squatteurs et agressait des immigrés.

Son monde s’est pourtant effondré lorsqu’un groupe antifasciste le démasqua sur Internet : son visage fut affiché partout et il souffrit d’agressions et de lynchages dans les rues de Berlin. Dépourvu de tout sentiment de sécurité, il se résolut à appeler Exit, une organisation qui aide les anciens néonazis. Dès le premier appel, un programme sur-mesure fut mis en œuvre, fortement axé sur la sécurité. Pendant un an, il vécut sous protection policière. Ingo Hasselbach, un ex-néonazi ayant fait de la prison, et Bernd Wagner, un ex-policier, ont fondé Exit en 2000. Depuis lors, ils sont parvenus à faire sortir 700 personnes. Dans certains cas, ils ont dû les faire changer d’identité ou de résidence. Comme Falk Isernhagen, d’autres anciens néonazis s’investissent dans Exit et s’efforcent d’aider leurs semblables à se réintégrer dans la société. Lui et la plupart des 700 réhabilités vivent aujourd’hui sous menaces de mort de leurs anciens camarades.

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